In Memoriam Margareta Niculescu

La grande dame de l’art de la marionnette, Margareta Niculescu, est décédée le 19 août 2018, à l’âge de 92 ans. Pendant des décennies, elle fut un personnage essentiel dans la promotion de la marionnette en tant qu’art contemporain et patrimoine culturel.
Aux yeux de la communauté de la critique, une part importante des réalisations de Mme Niculescu consiste dans son regard à la fois intellectuel et analytique sur l’artsoulignant l’importance d’assurer une visibilité par des publications. À cet égard, elle a dirigé pendant de nombreuses années la revue Pucksource d’information d’une qualité exceptionnelle dans le domaineL’immense somme de travail qui a permis de publier l’Encyclopédie mondiale des arts de la marionnette a constitué aussi un de ses projets les plus chers. Elle a d’abord paru en français, en un fort volume, lourd et magnifiquement illustré, et, sous le nom de WEPA (World Encyclopedia of Puppetry Arts), elle est aujourd’hui facilement disponible en ligne en anglais, en version numérique. Cet ouvrage constitue un véritabletrésor pour tous ceux qui s’intéressent à la marionnette.En tant que critique de théâtre et universitaire, je suis impressionnée par le travail incessant de Mme Niculescu pendant un demi-siècle et je la remercie d’avoir toujours lié théorie et pratique.
Directrice de la compagnie théâtrale roumaine de marionnettes Tandarica, moderniste et courageuse à une époque difficile, elle a découvert, avec une ouverture d’esprit et une vision claire, de nouveaux paysages du théâtre. Pendant plusieurs décennies, elle a dirigé l’école qu’elle a créée avec Jacques Félix dans les années 1980 à Charleville-Mézières, en France. L’École nationale supérieure des arts de la marionnette, qui demeure active, dispense un programme de formation dynamique aux jeunes artistes dans le domaine étendu de la marionnette contemporaine. MmeNiculescu a aussi présidé l’UNIMA, ou Union internationale de la marionnette, la plus ancienne des organisations partenaires que sont aussi l’ASSITEJ et l’Association internationale des critiques de théâtre.

Margareta Sörenson,

Présidente de l’AICT