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30e Congrès mondial de l’AICT-IATC Colloque international – le 14 mai 2020 Bratislava (Slovaquie)

Le recyclage dans les arts du spectacle : de la créativité à la commercialisation

De manière générale, le recyclage consiste à convertir les déchets en matière réutilisable. La métaphore du recyclage peut cependant s’appliquer aux arts du spectacle vivant dans plusieurs contextes, voire, être perçue comme une qualité esthétique essentielle au théâtre et dans les autres arts de la représentation. Malgré la réplication présumée du spectacle soir après soir, le produit culturel se trouve continuellement augmenté, le « recyclé » enchâssant paradoxalement, chaque fois, une étincelle de « nouveauté ». À cet égard, on peut dire que la représentation se régénère constamment.

Historiquement, un recyclage est inhérent dès l’apparition d’un nouveau genre ou d’un style neuf. Ainsi, les tragédies classiques grecques ont recyclé les mythes de leur culture. Plus tard, les Romains ont recyclé autant les tragédies que les comédies grecques. Les œuvres de la Renaissance italienne et le classicisme français ont suivi la même trajectoire. Même William Shakespeare est reconnu comme un maître du recyclage de divers matériaux : les histoires de l’Angleterre, les légendes médiévales, les mythes grecs, etc.

Les projecteurs étant concentrés sur le metteur en scène depuis la fin du 19e siècle, chaque nouvelle interprétation d’une œuvre classique a conduit à un recyclage de textes.

Dans ce colloque, nous cherchons à éclairer les pratiques contemporaines en matière de « recyclage », au théâtre et dans les arts du spectacle vivant.

Nous étudierons trois principaux paradigmes :

1.    L’approche artistique : Le théâtre contemporain a beaucoup hérité du théâtre postmoderne des années 1970 et 1980. Même le théâtre « postdramatique » est influencé par le théâtre postmoderne, utilisant le collage, le montage, l’intertextualité, les références interculturelles et les citations de la culture pop (pour lesquelles, par exemple, l’école contemporaine allemande de mise en scène est célèbre). Même en matière d’écriture, on constate la « récriture » d’histoires anciennes recadrées dans de nouveaux contextes sociaux, commentant des discours traditionnels et utilisant des archétypes bien connus. Est-ce que le théâtre d’aujourd’hui vit à une époque « éternellement postmoderne » ? L’idée de nouveauté est-elle perdue à jamais ? Quelles sont, d’une part, les valeurs artistiques d’une telle forme de recyclage et, d’autre part, les défis et limitations qu’elle suppose ?

2.    L’industrie culturelle : Le recyclage peut aussi être associé aux exigences de la commercialisation. Les gens de théâtre ont souvent réutilisé des matériaux théâtraux et non théâtraux, telles des adaptations de romans célèbres avec des héros facilement reconnaissables, des transpositions de films populaires, des événements historiques, des biographies de personnages connus, en vue d’une exploitation commerciale. Le théâtre contemporain peut-il résister à la tentation de recycler sans fin des histoires connues ? Devrait-il le faire ? La culture des festivals et le marché des coproductions internationales recherchent des « grands noms » qui inspirent certains « types » de spectacles, lesquels ensuite parcourent le monde entier. Quels sont les contraintes et les inconvénients qui découlent de tels scénarios ? À quel point les festivals – délibérément ou par inadvertance – dictent-ils les œuvres qui sont produites et présentées ? L’argent est nécessaire et il peut être utile, mais quelles sont les répercussions quand les arts du spectacle répondent essentiellement aux exigences du capital et du marché ?

3.    Un théâtre écologique : Dernière, mais non la moindre, il y a aussi l’idée du recyclage dans son sens premier. Avec le réchauffement planétaire, en quoi les arts du spectacle vivant peuvent-ils contribuer à réduire l’empreinte carbone ? Quels genres d’expériences sont possibles dans des spectacles faisant preuve de conscience environnementale et dépourvus d’excès ? Quelles versions de « théâtre pauvre » existe-t-il aujourd’hui ? Comment les arts du spectacle peuvent-ils être aussi performants, en faisant plus avec moins ?

Nous vous invitons à présenter des projets d’exposé sur les thèmes élaborés ci-dessus. Les présentations gagneront à être accompagnées d’illustrations sur vidéo et d’images.

Durée des exposés : 15 minutes.

Date limite pour envoyer un résumé (pas plus de 250 mots ou 1500 signes, espaces incluses) : Le 31 janvier 2020.

Les participants retenus seront informés avant le 20 février 2020. Ils doivent pouvoir se déplacer jusqu’à Bratislava.

Envoyer vos propositions et questions éventuelles à toutes les adresses suivantes :

Ivan Medenica, Responsable des colloques de l’AICT :

[email protected]

Deepa Punjani, Adjointe au Responsable des colloques de l’AICT :

[email protected]

Savas Patsalidis, Rédacteur en chef, Critical Stages/Scènes critiques, AICT :

[email protected]

Zuzana Uličianska, Membre du Comité exécutif de l’AICT :

[email protected]

Les exposés choisis seront publiés dans la section des « exposés de colloques » de Critical Stages/Scènes critiques.

Certains exposés pourront paraître dans une anthologie projetée en 2021-22 par l’Institut du théâtre de Bratislava.